
Nous savons tous que les Québécois forment une nation. La Chambre des Communes a même fini par céder à la pression du Bloc Québécois en adoptant une résolution en ce sens en décembre 2006.
Pourtant, cela n’empêche pas le fait que nous ne pouvons pas nous gouverner en affirmant notre différence.
En fin de semaine, j’ai vu le film Le déserteur de Simon Lavoie. Le sujet abordé dans cet oeuvre est majeur dans notre histoire. Le film met en relief l’un des cinq NON que nous avons affirmés dans notre histoire parsemée de référendums. NON à la conscription.
Au coeur de la Seconde guerre mondiale, le chef libéral Mackenzie King s’était engagé auprès des Québécois à ne pas conscrire les jeunes hommes dans l’Armée britannique. Or le Premier ministrevoulant renoncer à sa promesse tint un référendum pancanadien pour se relever de son engagement. Les Québécois votèrent NON alors que le reste du Canada opta massivement pour le OUI. Au final, la conscription fut imposée dans l’ensemble du pays malgré l’opposition clairement exprimée par les Québécois.
Les exemples contemporains vont dans la même direction et confirment tous que le Canada devient progressivement unitaire.
Quand il y a consensus au Canada pour sévir contre les jeunes contrevenants, et que le Québec souhaite néanmoins conserver une approche de réhabilitation, la Chambre des Communes choisit un régime unitaire. Pour une commission canadienne des valeurs mobilières, c’est l’unitarisme qui sera choisi. Pour l’harmonisation de la TVQ et de la TPS, c’est l’unitarisme canadien qui exige que nous cédions la gestin de notre taxe québécoise à Ottawa. En santé, le ministère fédéral engraisse à chaque année son budget alors qu’il s’agit d’une compétence où Québec devrait être souverain depuis 1867!
Même quand les Québécois sont reconnus comme formant une nation, les décisions qu’ils peuvent prendre quant à leur projet de société sont de plus en limitées. C’est ça être une nation sous tutelle.







