Une nation sous tutelle

avril 7th, 2009 by lysdoutaouais

lys

Nous savons tous que les Québécois forment une nation. La Chambre des Communes a même fini par céder à la pression du Bloc Québécois en adoptant une résolution en ce sens en décembre 2006.

Pourtant, cela n’empêche pas le fait que nous ne pouvons pas nous gouverner en affirmant notre différence.

En fin de semaine, j’ai vu le film Le déserteur de Simon Lavoie. Le sujet abordé dans cet oeuvre est majeur dans notre histoire. Le film met en relief l’un des cinq NON que nous avons affirmés dans notre histoire parsemée de référendums. NON à la conscription.

Au coeur de la Seconde guerre mondiale, le chef libéral Mackenzie King s’était engagé auprès des Québécois à ne pas conscrire les jeunes hommes dans l’Armée britannique. Or le Premier ministrevoulant renoncer à sa promesse tint un référendum pancanadien pour se relever de son engagement. Les Québécois votèrent NON alors que le reste du Canada opta massivement pour le OUI. Au final, la conscription fut imposée dans l’ensemble du pays malgré l’opposition clairement exprimée par les Québécois.

Les exemples contemporains vont dans la même direction et confirment tous que le Canada devient progressivement unitaire.

Quand il y a consensus au Canada pour sévir contre les jeunes contrevenants, et que le Québec souhaite néanmoins conserver une approche de réhabilitation, la Chambre des Communes choisit un régime unitaire. Pour une commission canadienne des valeurs mobilières, c’est l’unitarisme qui sera choisi. Pour l’harmonisation de la TVQ et de la TPS, c’est l’unitarisme canadien qui exige que nous cédions la gestin de notre taxe québécoise à Ottawa. En santé, le ministère fédéral engraisse à chaque année son budget alors qu’il s’agit d’une compétence où Québec devrait être souverain depuis 1867!

Même quand les Québécois sont reconnus comme formant une nation, les décisions qu’ils peuvent prendre quant à leur projet de société sont de plus en  limitées. C’est ça être une nation sous tutelle.

Leaders inspirants

avril 6th, 2009 by lysdoutaouais

De par le monde, l’humanité se dote de leaders pour diriger et inspirer les nations. Acclamés puis déchus, ces hommes et ces femmes sacrifient leur intimité pour gouverner.

Malgré une démocratie en crise, on retrouve chez ces personnes des qualités qui nous donnent envie de se lever, de crier, de militer, de dialoguer, de débattre.

Par les temps qui courent, c’est le jeune président américain qui se distingue. Barack Obama et l’espoir. Barack Obama et son «Yes we can!».

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Mais il fut un temps, pas si lointain, où le Québec vivait son histoire d’amour. Un homme a inspiré plusieurs générations et suscite encore aujourd’ui, 22 ans après son décès, des élans de nostalgie.

René Lévesque, ce nationaliste, est devenu un personnage sacré en politique québécoise. Même les fédéralistes utilisent ce symbole pour nous affirmer que la souveraineté, c’est un concept du passé, d’une autre époque. Ceux qui l’ont connu le citent comme un progressiste, d’autres comme un démocrate. Ils sont rares à risquer les critiques. Nos passions, nos émotions, on les a vécus avec notre Premier ministre. Et il existe un remord mordant chez ces gens qui l’ont tant décrié lors de la récession, quand le Parti Québécois renonçait aux hausses de salaires accordées aux employés de l’État.

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Lucien Bouchard et Robert Bourassa, à leur façon, ont crée chez nous des espoirs, ont mobilisé nos énergies par leur audace. Pendant la période référendaire de 1995, le premier démontrait sa force de caractère par ses discours. Le second, après l’échec de l’Accord du lac Meech (très beau lac, en passant!), a crée la Commission Bélanger-Campeau sur l’avenir du Québec. Mais en bout de piste, on retiendra de ces deux leaders que leur audace n’a leur a pas permis d’aller jusqu’au bout de leur idéal. L’ancien chef libéral souhaitait voir la signature du Québec au bas de la constitution canadienne de 1982. L’ancien chef du Parti Québécois rêvait à la république québécois indépendante.

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En Outaouais, la palme revient personnellement à Michel Légère. S’il en est un qui a réussi à réunir toutes les tendances politiques derrière son leadership, malgré ses vaines tentatives en politique fédérale (avec le NPD en 1979 et 1980), c’est bien lui. Encore aujourd’hui, l’ex-maire de Hull bénéficie d’un important capital de sympathie.

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Il y a aussi Gilles Rocheleau, ce fédéraliste épidermique devenu souverainiste après l’échec de Meech. Lui aussi ancien maire de Hull, il s’est fait élire à l’Assemblée nationale sous la bannière libérale, puis à la Chambre des Communes avec John Turner (PLC). Il s’est joint au Bloc Québécois en 1990 et a été défait en 1993 dans Hull-Aylmer par un candidat parachuté, Marcel Massé. 

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Ces deux hommes provoqueront toujours chez nous une bonne dose de nostalgie pour ceux qui peuvent comparer nos leaders d’aujourd’hui avec ceux d’hier.

Pourtant, il y en a toujours pour nous demander d’espérer. C’est entre autre ça être un vrai leader.

Un absent dans la photo de famille

avril 5th, 2009 by lysdoutaouais

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            Le monde connaît une grave crise économique. Ça affecte les quatre coins de la planète et le Québec n’y échappe pas.

            L’élite des pays les plus prospères a d’importants sujets à aborder. Comment résoudre la crise ? Comment stimuler l’économie ? Réglementer ou dérèglementer ? Investir massivement ou laisser aller le milieu des affaires ?

            Le représentant des Québécois à la table de cette réunion, c’était Stephen Harper. D’allégeance conservatrice, député de l’Alberta, doctrinaire de la droite et du non-interventionnisme, le Premier ministre joue à l’allié des Etats-Unis à tous points de vue, coûte que coûte. Sous l’ère de George W. Bush, les décisions favorables à la guerre en Afghanistan et au déni des réchauffements climatiques se sont multipliées. L’homme ne croit ni au contrôle des armes à feu, ni au programme de formation linguistique. Il refuse de venir en aide aux artistes qui souhaitent représenter la culture canadienne de par le monde.

            Bref, Stephen Harper a été franc avec les Canadiens aux dernières élections. Son programme a fait peur et a donné mal au cœur. Son parti est aux antipodes des aspirations québécoises. Toutefois, au Canada anglais, le Parti Conservateur a fait élire 59% des députés à la Chambre des Communes (137/233).

            Au Québec, les conservateurs ont perdu un député, se retrouvant à 10 sièges sur 75 (13%). Malgré la vive opposition québécoise à l’administration Harper, ce gouvernement fut réélu majoritaire partout au Canada, sauf chez nous. Et les libéraux ont perdu tellement de plumes avec Stéphane Dion qu’il eut été impensable que le PLC forme le gouvernement avec l’appui du Québec. La Belle province a une démographie stagnante au Canada qui lui fait perdre de son influence. Et même dans les meilleures années de reproduction de petits Québécois, notre pourcentage de représentation aux Communes reculait.

            Donc, Stephen Harper était parfaitement légitime à Londres à titre de représentant du Canada. Mais la différence québécoise elle, n’était pas là. En 2003, on plaçait la puissance économique du Québec au 18e rang du monde.

            Mais lors de la prise de photo de famille des membres du G-20, il y avait une absence. Et il nous faudra plusieurs années avant de réparer ce vide. D’ici là, peut-être que Pauline Marois cessera de placoter et agira un peu plus du côté de la souveraineté si elle veut être une femme de plus parmi les dirigeants du G20.

 

Mon bout de pays

avril 4th, 2009 by lysdoutaouais

rivoutaouais

Mon bout de pays, c’est 30 504 km² de villes et de campagnes. C’est une histoire jeune de 210 ans de bouleversements et de milliers d’années de présence nomade. C’est une population en croissance, c’est une vaste forêt humaine paisible et créative. C’est une géographie d’argile et d’eau, c’est un bouclier d’identité. C’est la  porte d’entrée d’une nation qui s’affirme sans bruit. C’est la rivière qui donne vie aux lacs et aux légendes de chez nous.

            C’est le pays qu’a défriché Montferrand et où ont habité des héros du hockey. C’est le royaume de nos frères loyalistes. C’est la contrée des discussions viriles, d’un avenir qui se décide. C’est le lieu des conflits des peuples qui s’ignorent et qui se défient. C’est la solitude de la confrontation. C’est le terrain d’une résistance docile.

            C’est une persévérance qui se forge une destinée. C’est un peuple patient qui n’en finit plus d’attendre. C’est une gorgée d’espoir dans le désert de la colère. C’est une rive envieuse d’une caresse qui ne vient jamais. C’est un vent d’Ouest qui gronde son impuissance. C’est une terre qui tremble de rêves.

            C’est l’Outaouais où trônent mes Amours.